WHRIN et Ado Reporters Africa (ADRA) appellent à la fin de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des personnes de genre non binaire qui consomment des drogues. La campagne EVAWUD souligne la nécessité de mettre fin à ces violences et d’améliorer les politiques en matière de drogues dans une perspective de droits humains et de réduction des risques.
Les femmes et les personnes de genre non binaire qui consomment des drogues sont victimes de violences extrêmes et de formes diverses, conséquences des normes patriarcales et de l’interdiction punitive de certaines drogues. La stigmatisation, la criminalisation, les normes de genre néfastes et la corruption, toutes orchestrées par l’État, alimentent les atteintes à la santé et à la sécurité des femmes et des personnes de genre non binaire qui consomment des drogues. Ces facteurs constituent des obstacles à l’accès de ces femmes et personnes aux services essentiels de réduction des risques et de lutte contre les violences sexistes.
Les femmes et les personnes de genre non binaire qui consomment des drogues subissent des violences sexistes jusqu’à 25 fois plus souvent que les femmes en général. Ces violences incluent (sans s’y limiter) les exécutions extrajudiciaires, la peine capitale, la stérilisation et l’avortement forcés ou sous contrainte, le viol, le harcèlement sexuel, la perte de la garde d’enfants, les agressions, l’emprisonnement pour possession ou usage personnel de drogues, la sanction de la consommation de drogues pendant la grossesse, ainsi que d’autres formes de violences sexistes, la stigmatisation et la discrimination.
Les femmes et les personnes de genre non binaire qui consomment des drogues à travers le monde peuvent être victimes de détention arbitraire, d’extorsion, de violences policières, de torture et de mauvais traitements. L’incarcération des femmes pour des infractions liées à la drogue a explosé à l’échelle mondiale depuis 2000, et plus d’un tiers des personnes emprisonnées le sont pour ce motif. En raison de la « guerre contre la drogue », les victimes ont peu de recours et souvent aucun soutien, notamment en cas de violences policières, de la part des gardiens de prison et du personnel des centres de « traitement ». Les violences subies par les femmes consommatrices de drogues sont encore plus graves pour celles qui subissent des oppressions croisées, comme les femmes racisées, les travailleuses du sexe ou les femmes transgenres.

WHRIN, ADRA et leurs partenaires notent qu’en collaborant avec des groupes de femmes et de personnes de diverses identités de genre qui consomment des drogues et en documentant les actions et les services menés par les pairs, les réponses appropriées à ces inégalités et violations sont claires :
La santé sexuelle et reproductive doit être intégrée à l’ensemble des services de réduction des risques destinés aux personnes consommatrices de drogues, en incluant des services complets de prise en charge des violences sexistes.
Une participation communautaire significative doit être la pierre angulaire de toutes les interventions de qualité visant à développer des services essentiels. Le droit à la sécurité, à l’accès à la réduction des risques et aux autres services de santé essentiels est primordial. Cela implique que le financement et le développement à grande échelle de services de réduction des risques adaptés aux réalités de genre et pilotés par la communauté sont indispensables.
La dépénalisation, qui supprime toutes les sanctions et peines, y compris les programmes de traitement forcés ou imposés par les tribunaux, pour toutes les personnes consommant des drogues et pour tous les types de drogues, est impérative. Une dépénalisation correctement mise en œuvre permettra de réduire la stigmatisation et les violences sexistes associées à la « guerre contre la drogue».
Ado Reporters Africa (ADRA) et WHRIN appellent à la fin de la « guerre contre la drogue » afin d’éliminer les violences faites aux femmes et aux personnes de genre non binaire qui consomment des drogues. La législation, les procédures et les programmes relatifs à la justice pénale doivent être modifiés afin de prévenir et d’éliminer ces violences.
Veuillez vous joindre à nous pour garantir que des ressources adéquates et des cadres législatifs protègent la sécurité et les droits humains des femmes et des personnes de diverses identités de genre qui consomment des drogues.
